Des ceintures tendances dans la maroquinerie

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Après des années de règne absolu des tailles basses, le retour des tailles naturelles, voire hautes, amène une vague de beaux modèles classiques, parfaitement polyvalents, souvent calqués sur la ceinture homme.

Le constat est simple : on n’a jamais la bonne ceinture dans sa garde -robe. Et ce n’esp as faute d’en acquérir de nouvelles chaque saison. Mais ces dernières années étaient dominées par des modèles aguicheurs, séduisants au premier regard et pourtant difficiles à assortir, même pour une femme de mode aguerrie comme Inès de la Fressange : « J’en ai acheté des rouges …que j’ai toujours laissées au placard, avoue-t-elle. J’aime aussi l’idée d’une fine ceinture dorée ou strassée, qui peut faire son effet…mais il faut un bac mode +3 avant de s’y risquer ! » Le chassé-croisé vertigineux des tendances jetables aurait-il eu raison de notre boussole esthétique ? A notre décharge, rappelons que des années de règne sans partage des pantalons et jupes à taille basse ont dévalorisé cet accessoire en le privant de son pouvoir pourtant formidable : apporter élégance et féminité en cintrant les coupes, en sublimant les proportions de la silhouette. Trop chic, trop femme justement : la taille naturelle ou haute détonnait dans un paysage de mode au glamour sexy triomphant. L’adoption d’un style plus réaliste, voire plus bourgeois, a donc précipité le retour en grâce de la ceinture…Et Loulou de la Falaise respire : « Aux yeux de ma fille, c’est une excentricité. Mais pour moi, la ceinture portée à la taille est bien plus qu’un accessoire, elle fait partie du vêtement. Elle est simplement indispensable pour changer la silhouette d’une veste ou d’un pull long. » Les créateurs acquiescent ; eux aussi sont formels : cet hiver, il faut assumer, voire afficher la ceinture. Pour Guillaume Henry, directeur artistique de Carven, « on ne la porte quasiment pas sur un pantalon, mais plutôt sur un manteau : on l’utilise vraiment pour sculpter soin volume important » .En remontant à la taille, comme par magie, l’accessoire retrouve ses formes classiques, intemporelles, polyvalentes : « Cet hiver, j’aime surtout les pièces fines en cuir naturel de Chloé, commente Dauphine de Jerphanton, styliste responsable des accessoires femme au Bon Marché. Mais ces dernières années, c’était tellement difficile de trouver des formes vraiment attirantes qu’on se contentait des indémodables ceintures-corsets AlaÏa ou des ceintures-bijoux Davidt’s…ou alors, on piquait celles de son homme. » Sobriété du cuir et lisse, boucle carrée…quel meilleur basique en effet que le ceinturon masculin ? Parfaitement en phase avec les manteaux oversize ou militaires de la saison, il connaît amplement les honneurs du podium : chez Max Mara, Michael Kors, Marc by Marc Jacobsou encore Moschino. « On aime son parfait classicisme », explique laconiquement Thakoon…

Petit signe particulier depuis deux saisons : la ceinture arbore également un excédent qui forme une boucle, c’est plus qu’un leitmotiv, presque un tic, cet hiver, des vitrines de Zara à celles de grands magasins . « C’est une façon de montrer que l’on s’approprie ce que l’on porte, cela donne immédiatemment une attitude, une dégaine », précise Frédéric Baldo, styliste et créateur de la ligne d’accessoires Nuit n°12 aux côtés de Ludivine Machinet. « L’intérêt de cette ceinture »trop longue » est aussi de l’adapter à sa morpholgie, puisqu’on peut la descendre sur les hanches si l’on a pas la taille fine, poursuit-il. Il s’agit à l’origine d’un emprunt au style ethnique, aux ceintures de passementerie et autres cordages. »Voire aux nœuds savants des obis ? Même écho chez Inès de la Fressange et Loulou de la Falaise. Toutes deus prisent particulièrement les longs modèles vintage qui trônent en bonne place dans leurs dressings : « L’intérêt est vraiment de pouvoir faire une boucle avec ! » Touche ultrastylée, tout en fausse désinvolture, cette longueur de cuir trouve son effet maximal sur un modèle aussi fin qu’un bracelet de montre, comme ceux proposés par Guillaume Henry chez Carven. Mais on aime également, à l’inverse, la rigueur militaire de la ceinture à doubles trous de Max Mara, véritable point d’accroche visuel qui rythme et barre la silhouette à la façon d’un « zip » du peintre Barnett Newman.

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